David

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    Pays: Nicaragua
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    Age: 5
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    Sexe : Garçon
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Richmond Wandera : «Je suis la preuve de l’efficacité du parrainage»

A l’âge de 8 ans, l’Ougandais s’est retrouvé dans un bidonville suite à l’assassinat de son père. Aujourd’hui pasteur et à la tête d’une organisation qui a déjà formé plus de 6000 pasteurs dans trois pays africains, il répond à nos questions.

Richmond, quel rêve poursuivez-vous?

Mon rêve pour ma nation, c’est qu’elle soit transformée en une nation avec de bons dirigeants. Avec des personnalités qui prennent des décisions pour le bien de la population. Mais aussi des personnes qui craignent Dieu et aiment le bien.

Mon rêve pour l’Eglise, c’est que chaque pasteur de mon pays reçoive une éducation théologique, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Mon rêve pour ma communauté, c’est que Kireke, qui a été dans une situation de désespoir et de pauvreté absolue, continue sur la voie de la transformation et devienne un exemple pour d’autres quartiers, villages de mon pays.

Mon rêve personnel, c’est que par la grâce de Dieu, je puisse rester un homme qui consacre sa vie pour servir Dieu et qui apporte une contribution pour l’avenir de sa nation.

Mon rêve pour mon filleul (de Compassion) Benjamien en Tanzanie, c’est qu’il grandisse et devienne un adulte chrétien accompli, qu’il puisse poursuivre ses rêves sans avoir été limité dans ses chances. Si son rêve est de devenir un leader, bien. Si c’est de devenir un père de famille et un agriculteur, bien aussi. Ce qui m’importe, c’est qu’il puisse disposer de tout ce dont il a besoin pour devenir ce qu’il souhaite devenir.

Votre vie a bien commencé. Suite au meurtre de votre père, vous avez été plongé dans la pauvreté, avant d’être parrainé à travers Compassion. Seriez-vous un homme différent, sans ces deux étapes de vie?

Oui, je serais clairement un autre homme. Toutefois, il faut savoir que la souffrance cache une force extraordinaire. Elle vous dit ce qui est important dans la vie. Elle vous nettoie des distractions. Elle purifie la personne, comme l’or passée par le feu.
Si l’on porte les bonnes lunettes pour considérer la pauvreté qui nous atteint, elle nous permet de découvrir nos dons. Sinon, la souffrance qui lui est liée nous détruit. C’est pourquoi, le mentorat, l’encouragement et la formation changent nos perspectives. Si personne ne te dit que tu vas y arriver, la pauvreté et la souffrance peuvent te tuer.

Qu’est-ce qui a fait une différence dans votre vie concrètement ?

Je suis très reconnaissant d’avoir eu un père spirituel, un mentor. Peter m’appelait «mon fils» et me traitait comme tel. Lorsque je passais par le découragement, il était là pour m’encourager.
Je suis conscient d’avoir eu de la chance. En effet, certains enfants démunis – y compris des enfants parrainés – n’entendent pas cette voix d’encouragement et capitulent face à la pauvreté. La douleur et la souffrance sont parfois trop fortes.
Je me sens privilégié. Je passe régulièrement dans les centres de développement de l’enfant de Compassion pour encourager les enfants à persévérer.
En ce qui me concerne, je ne serais pas là, si Compassion n’avait pas croisé mon chemin. De nombreux amis n’y sont pas arrivés. Daniel, mon ami d’enfance était intelligent. Ses parents sont morts. Et il n’a pas bénéficié d’un parrainage, contrairement à moi. Un jour, après un gros orage, son corps avait été emporté par une rivière qui passait sous le point où il dormait.

Que vous a appris votre itinéraire ?

Une décision peut changer la vie d’un enfant. Un parrainage a changé ma vie. Il ne faut pas grand’chose pour changer la vie d’un enfant. Permettre à un enfant de vivre son enfance, c’est très accessible. Chacun de nous, lorsqu’il regarde autour de lui, voit qu’il est possible de faire une différence dans la vie des enfants.

Les collaborateurs des centres de développement de l’enfant de Compassion sont admirables à cet effet. Même lors de leurs jours de congé, nombreux sont ceux qui cherchent le contact avec les filleuls de Compassion, qui les encouragent, eux et leurs familles. Ils forcent mon admiration.

Compassion lutte contre l’extrême pauvreté par le parrainage d’enfant. S’agit-il d’un moyen efficace?

Trois raisons me permettent d’en être convaincu. La première, je suis une démonstration de l’efficacité du parrainage. La seconde, c’est que le parrainage réussit car il patient et persévérant. Contrairement au développement communautaire, il accompagne l’enfant sur la durée, afin de développer son potentiel. Mon expérience m’a montré que les ONG qui travaillent avec des projets à court terme tendent à renforcer la pauvreté. Si vous aidez un enfant entre l’âge de 6 à 12 ans et que vous vous retirez de sa vie, les risques de déscolarisation sont très élevés. Compassion s’engage à assurer à l’enfant une scolarisation, une formation professionnelle et l’accompagner dans sa maturation. La troisième, c’est qu’en complétant l’approche individuelle par le développement communautaire, on va créer des infrastructures qui vont protéger l’enfant. Et comme le soutien est apporté dans la durée, les infrastructures seront bien entretenues.

Compassion travaille avec des Eglises locales pour son aide au développement. Quels sont les bénéfices de collaborer avec ce type de partenaires?

L’Eglise est présente dans les communautés. La population connaît les responsables de l’Eglise. Et ces dernières connaissent le tissu social, les gens, les familles et la culture locale.
La pauvreté est compliquée. La compréhension de cette dernière, sur le plan local, est sans prix. La plupart des ONG voient leur engagement comme un travail. Les Eglises voient leur partenariat avec Compassion comme une mission. Enfin, dans un contexte souvent corrompu, l’Eglise demeure un partenaire plus intègre et fiable que d’autres.

Pensez-vous qu’il est possible de mettre fin à l’extrême pauvreté ?

Dans le bidonville dans lequel j’ai grandi, 19’000 familles vivaient avec moins de 1 dollar par jour. l’infection HIV était telle que tout le monde était exposé. La malaria était un risque constant. Quelques années plus tard, nous avons nettoyé les rues, formé la population aux bonnes pratiques d’hygiène et effectué de la prévention sexuelle. Nous avons construit des infrastructures.

En mai, nous avons fêté la remise de diplôme de cuisinière et de coiffeuse pour 21 anciennes prostituées.
Oui, il est possible de vaincre la pauvreté. En tant qu’ancien enfant parrainé, c’est un engagement qui nous tient particulièrement à cœur.

Mais est-ce possible sans entraîner une dépendance de l’aide ?

Le modèle qui encourage la dépendance est l’aide au développement à court terme. Il ne responsabilise pas les individus et la population. Si l’on me forme aux compétences économiques, sociales, d’ingénieurie, etc., c’est ainsi que je vais pouvoir grandir en indépendance. 

Vous avez donné des conférences durant deux semaines en mai en Suisse. Qu’avez-vous observé et que souhaitez-vous dire à la population suisse ?

J’observe que votre pays a été béni. Et j’ai envie de vous dire de compter les bénédictions divines et de les nommer une à une.

Ensuite, je souhaite vous rappeler que nous n’avons pas vécu dans une période aussi critique depuis longtemps pour les enfants qui vivent dans la pauvreté. La pandémie a fragilisé les plus pauvres. Parrainer un enfant est à la portée de nombreuses personnes en Suisse. Si vous en avez les moyens, faites-le aujourd’hui. Demain sera peut-être trop tard pour de nombreux enfants.

Propos recueillis par Christian Willi

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