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Pauvreté: Comment vaincre le défaitisme ?

11 janvier 2019

Où étiez-vous et que faisiez-vous il y a vingt ans? A l'époque, en 1999, près d'une personne sur trois vivait dans l'extrême pauvreté.  29% de la population mondiale vivait avec moins de 1.25 dollars par jour, trop peu pour couvrir la plupart des besoins de base, comme la scolarisation et les soins médicaux de leurs enfants.

Les années ont passé. Et vous savez quoi? Le monde change plus vite que ce que nous imaginons.

Aujourd'hui, il ne reste «plus que» 9% de la population qui vit dans l'extrême pauvreté, soit désormais avec CHF 1.90 par jour. Génial, quel progrès: de 29% à 9%! Concrètement, cela signifie que le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté a été divisé par deux!

 

Une vision totalement fausse de notre monde

Dans son livre Factfulness, Hans Rosling détaille la perception de milliers de personnes qu'il a interrogées sur des questions aussi diverses que l'espérance de vie, le taux de scolarisation des filles, le taux de vaccination des bébés et le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté.

La conclusion de son enquête, c'est qu'en Occident, nous avons globalement une vision très déformée du monde .

Selon Hans Rosling,

«aux yeux de chaque groupe de personnes que j'ai questionné, le monde paraît plus effrayé, plus violent et plus désespéré - en clair plus dramatique - qu'il ne l'est en réalité.

Lorsque le médecin, statisticien et conférencier suédois a par exemple demandé si la population mondiale vivant dans l'extrême pauvreté a doublé au cours des vingt dernières années, seuls 5% des personnes ont répondu correctement.

La distorsion entre eux et nous

Mais comment expliquer notre perception erronée du monde? Selon, Hans Rosling, c'est notre façon de voir le riche et le pauvre qui est en cause:

«En réduisant le monde à deux boîtes réductrices -pauvres et riches- notre perception s'en trouve déformée.

Nombreux sommes nous à percevoir la pauvreté dans le monde telle qu'elle l'était dans les années 1950 ou 1980. Mais le monde a changé. Nous ne pouvons plus simplement affirmer que nous, en Europe et aux Etats-Unis, sommes les riches et que la majorité de l'Afrique, de l'Amérique latine ou de l'Asie sont les pauvres.

«L'idée selon laquelle la majorité de la population est empêtrée dans la misère et la privation est une illusion», affirme Hans Rosling.

En effet, la bonne nouvelle, c'est qu'une majorité de la population mondiale ne vit plus dans l'extrême pauvreté. 75% de la population mondiale vit dans des pays aux revenus intermédiaires.

Il s'agit-là d'une bonne raison de se réjouir. Cela signifie que d'innombrables mères et pères ne sont plus obligés d'enterrer l'enfant qu'ils ont tant espéré avant que celui-ci n'atteigne l'âge de cinq ans. Cela signifie aussi que des millions de filles ne sont plus prétéritées en matière de scolarité.

 

Réjouissez-vous et espérez!

Détournons donc nos regards de notre vision erronée du monde. Et regardons la réalité statistique telle qu'elle est vraiment. La pauvreté n'est plus inévitable. Le changement est possible. Il est en marche. Et nous pouvons, modestement, apporter notre part à ce changement.

Toutefois, même si seuls 9% de la population vit dans l'extrême pauvreté, cela continue de représenter un nombre important de personnes. On estime en effet aujourd'hui que 385 millions d'habitants de notre planète vivent avec moins de CHF 1.90 par jour.  Malgré d'importants progrès, il reste un nombre inacceptable d'enfants qui ne jouissent ni de la sécurité, ni de la santé et ni des perspectives existentielles qu'ils méritent.

A la lumière de cet espoir nouveau, de ce qui a été accompli jusqu'ici et de la précarité résiduelle, je propose ceci:

 

1. Soyons reconnaissants à Dieu

Remercions Dieu pour les millions de nouveaux-nés qui, vingt-cinq ans plus tôt seraient morts de diarrhée, de malnutrition ou de maladies, et qui aujourd'hui ont atteint l'âge de cinq ans. Remercions Dieu pour les millions de filles scolarisées à côté de leurs frères. Enfin, remercions Dieu pour le nombre croissant de pays dont l'économie progresse suffisamment pour que des pans entiers de populations ne soient plus continuellement réduits à lutte pour la survie.

 

2. Changeons notre regard

Je me suis récemment rendu en Thailande, pour un reportage sur des réfugiés à la frontière avec le Myanmar. Ces derniers vivent dans une profonde pauvreté. A l'inverse, une grande majorité des habitants de Thailande s'est affranchie de la pauvreté.  Ce pays a connu au cours de ces dernières années un développement réjouissant. Un peu plus tôt, je me suis rendu au Ghana. J'ai été surpris de voir le bon niveau de vie de la capitale Accra. Cessons donc de considérer «le reste du monde» comme pauvre et sous-développé!

 

3. Exprimons-nous

 

A raison, nous rejetons l'idée qu'il soit inévitable que 385 millions d'enfants continuent de vivre dans l'extrême pauvreté. Sans éducation, sans soins médicaux, sans emplois ou chances professionnelles. Conscients du progrès que nous avons vu, nous voulons continuer d'exiger, d'espérer et de prier pour une amélioration de cette situation.

Notre vision du monde corrigée ne nous rend pas indifférent aux 9% de la population qui continuent de vivre dans l'extrême pauvreté. Au contraire, elle éveille en nous cette lumière qui nous pousse à agir et à prendre le parti de ces enfants. En sachant qu'un jour, leur pauvreté pourra appartenir au passé.

Arrêtons de nous laisser porter par des pensées fatalistes et défaitistes lorsque nous regardons notre planète. Les statistiques permettent d'espérer.

Amber Van Schooneveld, Compassion Canada

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